mercredi 17 juin 2009

désert caraibéen

Lorsqu'on vous dit qu'au Venezuela on trouve de tout... Meme un désert. Voici donc quelques dunes des "Medanos" de Coro, situés pres de la ville du meme nom, dans l'état Falcon, au nord-ouest du pays.

jeudi 28 mai 2009

Quart de finale de Copa Libertadores

Après une éclatante victoire à domicile 4-0 contre les équatoriens de Cuenca, le Caracas FC a accédé aux quarts de finale de l'équivalent sud américain de la Ligue des Champions, l'adversaire étant cette fois-ci les brésiliens du Gremio. Le match se jouait ce mercredi au stade de la UCV.
Les carequeños se sont tirés une balle dans le pied en concedant le nul 1-1 sur leur terrain. En effet, ils ont mené 1-0 de la 10e à la 74e minute où, déconcentrés par l'arrosage automatique qui s'était mis en marche (!!), ils ont pris un but.


Le stade était rempli (environ 20 000 personnes) pour supporter l'équipe de la capitale.
Les "rojos" ont bien tenu sur l'ensemble du match, avant de concéder le nul à la 74e. Espérons leur autant de tenacité et un peu plus de chance pour le match retour.

vendredi 15 mai 2009

Buenos Aires

Pour ce billet, une petite infidélité à ma Caracas adorée pour une de ses voisines du sud, la capitale de l'Argentine. Une voisine qui a tendance à snobber ses camarades avec son centreville de type européen, bien conservé et organisé, et qui dévoile se charmes bien plus facilement que la capitale vénézuéelienne, mais avec aussi un séparation beaucoup plus nette entre les beaux quartiers du centre et les zone plus pauvres de la périphérie.
Cependant, avec sa vie nocture animée (les horaires des argentins sont trés tardifs, type espagnol) ses charmants habitants et ses prix bon marché, Buenos Aires constitue une bonne destination pour passer des bonnes vacances

La plaza de Mayo, principale place de la ville, là oú les mère des disparus durant la dictature militaire sont venues protester; avec au fond le palais présidentiel


La Casa Rosada, palais présidentiel, avec actuellement une femme comme résidente: Christina Fernandez.
Le cabildo, qui accueile le conseil municipal, situé aussi sur la Plaza de Mayo
L'Obelisque situé sur l'avenue 9 de julio, la plus large du monde; une des nombreuses trace de francophilie présente dans la ville.


Une promenade dans un des parcs de La Recoleta, quartier chic et poumon vert de la ville.


Puerto Madero, port qui la nuit s'anime avec l'ouverture des bars et restaurants.

Une rue de San Telmo, quartier plus traditionnel et plus populaire.


Pour l'heure du gouter, une pause au Tortoni, le café le plus ancien de la ville, et un des hauts lieux de la culture du Tango...

... Et pour la nuit, une halte à La Cigalle, l'un des nombreux bars nocturnes de la capitale, pour découvrir l'autre versant du patrimoine musical argentin : le Rock National et sa scène très riche, surement la plus développée du continent. Sur la photo, l'excellent groupe Grado Cero




Le moment touristique, à El Caminito situé dans le quartier de La Boca, un quartier traditionnel mais qui donne aujourd'hui l'impression d'etre un grand marché pour touristes.

Un spectacle de tango offert par un restaurant aux touristes, dans La Boca.



Et tant qu'on est à La Boca, autant aller faire un tour dans ce qui a le plus d'intéret (he he) : le fameux stade de La Bombonera. Ce soir là, le Boca Junior y accueillait les paraguayens de Guarani pour un match de Copa Libertadores.

Et rien de moins que Riquelme pour transformer ce penalty et donner l'avantage 3 à 0 pour son équipe.

mercredi 29 avril 2009

Area 23


Vu au centre culturel La Estancia, à Caracas (station de métro Altamira), un digne représentant de ce qui se fait en matière de Hip Hop dans la capitale vénézuélienne : le groupe Area 23.
Baptisé ainsi en référence au quartier 23 de Enero, d'oú ils sont originares, ils brassent les thèmes traditionnels du rap (pauvreté, discriminations, contestation sociale) et les accomodant à la réalité des "barrios" caribéens, avec en prime une forte identificacion au processus mené par le président Chavez.
Mais au delà des positions politiques, leur musique brille par l'énergie qu'elle dégage. Pour le curieux, vous pourrez apprécier cette vidéo:
Gente de Barrio : http://www.youtube.com/watch?v=VR8XO2za8e0

jeudi 16 avril 2009

El Mani

Une bonne adresse à Caracas pour les amateurs de Salsa et d'ambience relax : El Mani, local qui reste ouvert toute la nuit, avec entrée gratuite et orchestre qui joue live.




El Mani es Asi : croisement de Avenida Solano López avec calle El Cristo, proche du boulevard Sabana

jeudi 5 mars 2009

Le Che à Caracas (en 2 partie)

Hier et avant-hier, projection en plein air des deux films de Steven Soderberg dédié au célèbre guerrillero argentin : Che, l'Argentin (ça c'etait pour mardi soir) et Che, Guerrilla (pour le lendemain). La fonction a eu lieu dans les arènes fraichement rénovées de Nuevo Circo, à Caracas; un beau cadre donc pour un film plutot agréable...
...et la cerise sur le gateau : la présence de Benicio Del Toro, himself, qui interprète le rôle d'Ernesto Guevara.

Niveau ciné, un bon spectacle et un parti pris interessant de la part du réalisateur : plutot qu'une biographie linéaire, deux films relatant deux épisodes de la vie du Che, la prise du pouvoir à Cuba pour la première partie, et l'épisode bolivien (jusqu'à la mort de l'argentin) pour la deuxième.
Résultat : deux films distincts, totalement différents, comme filmés et interprétés par des personnes différentes. Le premier est une épopée héroïque, filmée de manière grandiose, qui relate le succès cubain (jusqu'à l'entrée dans La Havanne) avec un Ernesto Guevara triomphant à qui tout sourit. En revanche, le deuxième est la chronique d'un débacle, tournée caméra au poing presque comme un documentaire, avec cette fois-ci un guerrillero qui rate tout ce qu'il entreprent.
Et c'est cette opposition de style comme de propos qui rend attrayante la vision des deux oeuvres : l'opposition entre un Che adopté de suite par les cubains et un Che rejeté par les boliviens, un Che qui reussit et un Che qui échoue, un Che héroïque et un Che pathétique.

lundi 16 février 2009

La voie ouverte vers un troisiéme mandat de Chavez

Hier, la propositon d'ammendement à la constitution supprimant la limite de deux mandats pour tout élu a été approuvé lors d'un référendum. Les électeurs se sont prononcé à 54% à faveur contre 46% contre.
L'objectif de cet ammendement est surtout de permettre au président de se représenter quand son mandat prendra fin en 2012.

lundi 9 février 2009

Historique !!

- Ouais historique le référendum, la réelection le processus tout ca...
- Non malheureux !! Pour la premiere fois de son histoire le Venezuela se qualifie pour une compétition internationale Football !! le mondial des moins de 20 ans.

Bon, ok il s'agit juste des moins de 20 ans ("pour l'instant" comme dirait le président), mais l'évenement est plutot important dans un pays oú le ballon rond a fait figure de parent pauvre face au tout puissant baseball. C'est donc une victoire 3-1 face á l'Uruguay qui a permis aux jeunes vénézuéliens de décrocher leur billet pour l'Egypte, oú se disputera le mondial des moins de 20 ans.
Pour le reste de la compétition, on peut noter que le Brésil a dominé la compétition, finissant champion d'Amerique du Sud, et que l'enorme déception se situe en Argentine, qui termine en derniére position et sera donc absent du mondial.
Enfin, le jeune gardien vénézuélien Rafael Romo restera comme l'une des révélations de ce tournoi, montrant un niveau sepctaculaire et sauvant son équipe á de nombreuses reprises.



voici le tabelau final de la phase final des qualifications :

Posiciones: Pts J G E P Gf Gc
1. Brasil 12 5 5 0 0 10 4 clasificado al Mundial Sub-20
2. Paraguay 8 5 2 2 1 8 5 clasificado al Mundial Sub-20
3. Uruguay 7 5 2 1 2 9 10 clasificado al Mundial Sub-20
4. Venezuela 7 5 2 1 2 6 9 clasificado al Mundial Sub-20
5. Colombia 6 5 2 0 3 6 7

6. Argentina 2 5 0 2 3 3 7

lundi 26 janvier 2009

Marylin à Caracas...

... ou plutot sa représentation immortalisée par Andy Warhol, dans l'une de ses oeuvres les plus Célèbres. Reproduite et utilisée notamment dans de nombreux magasines, les caraqueños peuvent actuellement l'admirer au musée de Bellas Artes.

lundi 19 janvier 2009

Bahia de Cata

L'avantage d'habiter un pays tropical c'est de pouvoir aller á la plage en plein mois de Janvier... Donc pour tout ceux qui se les pèlent en Europe, voila quelques photos de Bahia de Cata, une plage située á quelques heures de caracas.



vendredi 9 janvier 2009

le Venezuela solidaire de la Palestine


Alors que le gouvernement vénézuélien vient d'expulser l'embassadeur d'Israel pour protester contre les frappes sur Gaza, le PSUV appelait à une marche solidaire avec le peuple palestinien ce jeudi. Comme d'habitude, le parti de Chavez a profité de sa forte capacité de mobilisation pour remplir les rues de Caracas et la place Bolivar en fin de journée.






lundi 29 décembre 2008

L'autre Castro

On connait déja les liens casi filials entre Hguo Chavez et Fidel Castro. Cependant l'objet de ce post ne sera pas l'(ex-) président cubain mais un autre Castro qui sert de référence au leader de la Révolution Bolivarienne : Cipriano de son prénom. Actuellement une exposition au musée national de Bellas Artes lui rend hommage.
Rapidement, Cipriano Castro a été président du Venezuela entre 1899 et 1908. Profitant du desordre qui régnait dans le pays á cette époque il prend le pouvoir par le biais d'une insurection armée. Une fois arrivé au pouvoir, il met en place une politique de nationalisation des industries les plus importantes et de défense de la souveraineté nationale. Ces choix lui vaudront une forte opposition des secteurs conservateurs de son pays ainsi que de la part des puissances étrangéres (Europe. Etats-Unis). L'Allemagne et La Grande Bretagne iront jusqu'á imposer un blocus au Venezuela entre 1902 1903. Castro maintient sa politique nationaliste jusqu'en 1908 oú son vice-président juan Vicente Gomez profite d'un séjour en Europe pour prendre sa place et installer une dictature militaire qui se prolongera jusqu'en 1935.
Bien sur, á cette époque il serait exagéré de parler d'anti-impérialisme, et Cipriano Castro n'a jamais manifesté de positions socialistes ou progressistes. Cependant, sa politique d'affrontement des grandes puissances ainsi que ses origines modestes suffisent pour que Hugo Chavez en fasse un des précurseurs de la Révolution Bolivarienne et s'identifie á lui.




En 1902, face au blocus de la Grande Bretagne et de l'Allemagne, Cipriano Castro publie une lettre appelant les vénézuélinz a resister face aux puissances étrangéres. La premiére phrase est restée célébre : "Venezuela, la planta insolente del extranjero ha profanado el sagrado suelo de la patria" (1)



Durant son mandat, Castro a beaucoup été carricaturé dans les médias, comme sur ce dessin oú il apparait représenté en singe.

(1) Venezuela, le pied insolent de l'étranger a profané le sol sacré de la patrie

jeudi 4 décembre 2008

feuilleton à l'eau de rose rouge


"La novela (1) ça fait partie de l'identité latinoaméricaine.... Même pas Fidel a reussi à en finir avec ça"

anonyme, entendu dans une conversation



Dans ce cas là, il n'est pas si étonnant de voir apparaitre sur les écrans la première telenovela "chaviste". Depuis à peu près deux mois la chaine de télé TVES diffuse "Amores de Barrio Adentro", feuilleton qui raconte la romance entre Lucinda, jeune militante socialiste issue d'un milieu populaire, et Alfonso, journaliste issu de la classe moyenne.
L'histoire est tout ce qu'il y a de plus classique pour ce genre de programme : une bonne vieille histoire d'amour; avec en prime le thème éternel de l'amour impossible pour cause de provenance sociale incompatible. Mais ici, l'action se déroule 2002, année qui a vu une tentative de coup d'état contre Chavez échouer. Et le nom même de la série puise son inspiration dans le programme social le plus emblématique du gouvernement : Barrio Adentro (2).

Peu aprés la chaine Avila TV a lancé "Dame uno con todo", une autre novela qui se veut ancrée dans la réalité venezuelienne, l'histoire est basiquement la meme : une étudiante de l'université bolivarienne, issue d'un barrio, vit une historie d'amour avec un garcon riche de l'université catholique Andres Bello. En fond, viennent s'ajouter une touche d'humour et d'autres histoires secondaires comme celle de ce chef d'entreprise qui veut devenir maire de Caracas et éliminer tous les vendeurs de hot dog de la ville.

En somme, une manière de plus de récupérer la culture populaire pour la méler à la politique

(1) telenovelas : nom donnés aux feuilletons à l'eau de roses très populaires en amérique latine
(2) barrio adentro : programme social monté conjointement avec Cuba. Il consiste à envoyer des médecins faire des permanences dans les zones défavorisées. Les petites maisons octogonales à toit vert (cf photo) sont caractéristiques de cette mission.

lundi 24 novembre 2008

Caracas passe à droite

Ce dimanche avaient lieu les élections des gouverneurs et des maires dans tout le pays. Et au niveau de la capitale, ce fut une petite claque pour le Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) : Le parti du préseident Chavez perd la mairie de Caracas et ne conserve qu'un seul des cinq municipios (arrondissements) qui composent la capitale. La liste des maires élus à caracas est la suivante :
- mairie générale de Caracas : Antonio Ledezma (Union de l'Opposition)
- municipio Libertador : Jorge Rodriguez (PSUV)
- municipio Chacao : Emilio Grateron (Union de l'opposition)
- municipio Baruta : Gerardo Blyde (Union de l'Opposition)
- municipio Sucre : Carlos Ocariz (Union de l'Opposition)
- municipio El Hatillo : Miriam Do Nascimento (Union de l'Opposition)
Une redistribution du pouvoir dans la capitale qui vient surtout sanctionner la mauvaise gestion des maires précédents (chavistes) dans le cas de Sucre et de la mairie générale et qui découle surtout de la forte mobilisation de l'électorat de l'opposition (qui enfin ne boycotte plus les élections).
Cependant, les candidats de l'opposition ne disposent pas toujours d'une bonne image, y compris parmis les antichavistes. Leur gestion sera donc surement observée à la loupe. Ces nouveaux élus auront à travailler pour transformer ces votes contre Chavez en votes véritablement en leurs faveurs.

Au niveau national, l'importance du parti chaviste se confirme avec 17 postes de gouverneurs remportés, bien que l'opposition progresse en remportant 5 postes (contre 2 aux élections régionales précédentes). On retiendra aussi et surtout la participation record (plus de 65%) et la très bonne tenue du scrutin : tous les partis sans exception ont appelé à participer et tous les candidats ont respecté les résultats annoncé par le Conseil National Electoral, un pas dans la bonne direction sur le chemin d'une vie démocratique plus apaisée que ces dernières années (même si comme d'habitude il restera quelques grincheux ici ou là pour dénoncer la "dictature" qui sévit au Venezuela).

mercredi 19 novembre 2008

Concert de campagne

Une grosse affiche mais, comme d'habitude aucune information qui circule... ce n'est que le samedi dans l’après-midi que l’on n’apprenait que le soir même allaient jouer rien de moins que les vétérans du Reggae The Wailers, les métaleux mexicain de Molotov ou encore les punks basques de Ska-P pour un concert á La Carlota.
Du beau monde pour clôturer la campagne du PSUV, car on sait que pour la communication, le camp du président Chavez ne lésine pas sur les moyens et n’hésite pas á faire jouer son carnet d’adresse pour rassembler le plus de monde possible (surtout lorsqu’on est á une semaine d’élections municipales et régionales).



lundi 3 novembre 2008

réapprendre l'espagnol...

Dialogue 1. Leçon 1

français :
- bonjour, ça va ?
- oui, très bien, et toi ?
- ça va merci

espagnol (d'Espagne) :
- Hola, como estas ?
- muy bien. y tu ?
- bien, gracias

espagnol (du Venezuela) :
- Epa mamahuevo, como esta la vaina ?
- De pinga maricon y tu ?
- Fino !

lundi 11 août 2008

¡Viva Evo Carajo!


Donc, à la suite d'un référendum effectué après deux ans de mandat, Evo Morales garde son poste de président en obtenant 62% des voix en sa faveur... soit un score encore plus important que lors de son élection en 2006 (rappelons au passage que durant les 5 ans précédant cette élection la Bolivie avait connu 4 présidents!!). Donc une bonne claque pour la droite raciste sud-américaine qui le disait en perte de vitesse et l'accuse d'avoir destabilisé le pays...

Voyons d'ailleurs un article assez honteux publié par Le Monde à la veille du referendum :

En Bolivie, Evo Morales joue son va-tout dans un référendum sur son mandat
Evo Morales a rangé le pull rayé rouge et bleu avec lequel il avait enfreint le protocole du palais royal de Madrid. Depuis son élection à la présidence de la Bolivie en décembre 2005, le pouvoir l'a métamorphosé : il met des vestes en cuir discrètement décorées aux couleurs andines.
"Evo est un caudillo narcissique", estime un connaisseur, l'écrivain Juan Claudio Lechin. Pour lui, le pouvoir ne se partage pas, même avec son entourage. L'improvisation reste son mode de fonctionnement habituel. Mettre en jeu son mandat lors d'un "référendum révocatoire", le dimanche 10 août, alors que ce type de scrutin ne figure pas dans la Constitution en vigueur, voilà bien le coup de poker d'un calculateur.
L'homme est un séducteur, colérique à ses heures. "Vendu à la CIA", a-t-il lancé contre son ancien mentor Filemon Escobar, qui l'avait détourné de la guérilla et converti à "l'électoralisme" honni par l'extrême gauche. Ce vieux dirigeant du Syndicat des mineurs avait tout misé sur le jeune Evo, entraîneur de football des cocaleros, les cultivateurs de feuilles de coca de la région tropicale du Chapare.
L'ascension électorale du dirigeant cocalero a été fulgurante. Choisi pour présider les six "fédérations du tropique de Cochabamba" en 1996, il exerce cette fonction encore aujourd'hui. A la tête de l'Etat, il n'a cessé d'ailleurs de favoriser l'extension des plantations de coca. En 1997, il est élu député, sur les conseils de Filemon Escobar, pour mieux lutter contre l'éradication de la coca dans le Chapare, exigée par les Etats-Unis au nom de la lutte contre le trafic de drogue.
En 2002, il arrive en deuxième position à la présidentielle, avec 20 % des voix. Trois ans plus tard, il obtient la majorité absolue. L'élection d'Evo Morales est saluée dans le monde entier, bien au-delà de la gauche. Dans son pays, elle suscite l'espoir, y compris chez les Boliviens qui n'ont pas voté pour lui. Ainsi, à Santa Cruz, toujours rétive aux représentants de La Paz, il a remporté un tiers des suffrages. A La Paz, il n'a pas attiré seulement les secteurs modestes : pour la classe moyenne, lassée par l'instabilité chronique et des conflits incessants, il a aussi incarné l'aspiration au changement.
Cependant, au lieu d'apaiser les esprits et de rassembler, le nouveau chef de l'Etat va favoriser les corporatismes et provoquer de nouvelles divisions. Loin de combler la fracture sociale, il va élargir la fracture régionale et la fracture ethnique. Dans une volte-face surprenante, Evo Morales s'oppose à l'autonomie des régions, qui suscite une forte mobilisation de l'opinion dans les départements de l'est et du sud de la Bolivie, un pays où la décentralisation reste une idée neuve.
Alors qu'il s'était toujours réclamé du métissage, voilà qu'il conforte "l'ethnicisation" de la politique prônée par une minorité d'extrême gauche. Lui, qui ne parle pas la langue aymara de ses ancêtres et qui partage l'individualisme des colons du Chapare, annonce désormais le Pachakuti, l'émancipation des communautés andines, dans des termes qui choquent la majorité des Boliviens, dont 65 % se considèrent métis.
Pourtant, la nationalisation des hydrocarbures, le 1er mai 2006, avait porté sa popularité au sommet. Dans la foulée, lors de l'élection à l'Assemblée constituante, le 2 juillet 2006, ses candidats peinent toutefois à retrouver le score présidentiel. Siégeant à Sucre, durant un an et demi, l'Assemblée montre l'incompétence et l'arrogance des partisans d'Evo Morales, qui ne cessent de perdre des pans entiers de leur électorat.
A Oruro, berceau natal du chef de l'Etat, une bataille rangée entre mineurs fait 16 morts, en octobre 2006. Le président bolivien, qui n'a pas jugé utile de se rendre aux funérailles, dénonce une "terrible conspiration" orchestrée par l'ambassade des Etats-Unis. Crier au complot ou au coup d'Etat, comme il vient de le faire à la veille du référendum, est sa réponse habituelle devant les difficultés.
Dans son fief de Cochabamba, la polarisation politique qu'il a stimulée prend des allures de guerre des pauvres entre eux, lors des affrontements entre les colons du Chapare et des citadins en janvier 2007, qui ont fait deux morts. A Sucre, les élus de la majorité présidentielle ne refusent pas uniquement le dialogue avec l'opposition, mais aussi avec la population locale, qui leur était pourtant largement acquise, au prix de trois morts en décembre 2007.
Filemon Escobar reproche à son ancien disciple d'avoir oublié "l'apprentissage du respect réciproque entre les Indiens et les blancs". Aujourd'hui, Evo Morales est contesté par la droite, débordé par l'extrême gauche et lâché par une bonne partie de ses propres électeurs. A la suite de la renégociation des contrats avec les compagnies pétrolières, il n'a pas su relancer l'investissement social et promouvoir une redistribution du revenu national.
Deux modestes allocations, une pour le troisième âge et l'autre pour les enfants, des augmentations de salaires jugées insuffisantes par les intéressés, ne compensent pas la montée des revendications sectorielles.
Alors que les intérêts de la Bolivie sont liés à ses voisins, Argentine, Brésil et Chili, Evo Morales a préféré s'aligner sur le Venezuela, dont le président, Hugo Chavez, a arrosé les municipalités boliviennes avec ses pétrodollars.
Paulo A. Paranagua

Donc, deja on apprend que Morales est "métamorphosé par le pouvoir" parce qu'il met une veste en cuir. Traduction : comme il est indien il a l'obligation de s'habiller mal, un bon ptit cliché raciste dès le premier paragraphe pour donner le ton.
Ensuite on nous parle de Filemon Escobar qui aurait détourné Evo Morales de la guerilla pour l'amener en politique. Cela dit, Morales n'a jamais fait partie d'aucune guerilla et a toujours milité dans un syndicat.
Puis, on décrit un président affaiblis en perte de vitesse (chose démentie par le score important obtenu lors du vote de dimanche dernier), avant de terminer sur le "pétrodollars" de Chavez, puisqu'il faut bien en mettre une couche sur tonton hugo tant qu'on est là...

lundi 4 août 2008

Puerto Colombia

Destination privilégiée du carqueño pour ses week ends libres : Choroni, ou plus exactement Puerto Colombia, petit village côtier situé à environ 4 heures de transport de la capitale.

Donc après avoir passé plusieurs heures dans un bus, après avoir survécu au voyage dans la montagne où le chauffeur n'utilise ses freins qu'en cas d'extrème urgence (il préfère le klaxon pour prévenir de son arrivée), on arrive à ce petit havre de tourisme et tranquilité.



Intérêt numéro un du lieu : sa plage paradisiaque


Mais le village aussi est joli et bien entretenu, notamment la partie du quais, où l'on peut passer un petit moment à l'ombre pour siroter sa bière ou son cuba libre


Le soir, le même quais se remplit de vendeurs et de touristes dans une ambience festive...

... et tout ce beau monde se retrouve d'ailleurs au bar pour terminer la nuit.

samedi 12 juillet 2008

Zapata : Tierra y Libertad

On a déjà évoqué la volonté de se réapproprier l'histoire latinoaméricaine présente dans la révolution bolivarienne, et nottament à travers l'évocation des grandes figures révolutionnaires du continent.
Dans la droite ligne de cette logique, le musée de Bellas Artes à Caracas propose en ce moment une exposition dédiée à Emiliano Zapata. Elle est constituée surtout de portraits, dessins, caricatures... contemporains, et parfois postérieurs, au révolutionnaire mexicain.








vendredi 27 juin 2008

Salvador Allende vive*

En ce moment on commémore le centième anniversaire de la naissance de Salvador Allende ; l’occasion d’évoquer « l’autre 11 septembre », celui de 1973, lorsque le général Pinochet prenait le pouvoir au Chili grâce à un coup d’état, et aussi de réfléchir un peu sur l’ignorance qu’ont parfois les latino-américains de leur propre histoire.
Ici dans mon entourage peu de gens savent qui était Salvador Allende, ou en ont une vague idée. D’autres le connaissent mais ne veulent surtout pas en entendre parler parce que ça sent le socialisme, le « chavisme », le « castro-communisme » comme disent certaines chaînes de télévision.
Un jours, un chilien m’a dit « moi je ne suis pas extrémiste, je n’aime ni Allende, ni Pinochet », les renvoyant dos à dos. C’est assez caractéristique de la confusion entretenue par le système libéral et de la perte de mémoire qui en résulte. Car on a tout à fait le droit de penser qu’Allende était un mauvais président ou d’être en désaccord avec l’idéologie qu’il représente. Mais mettre Pinochet et Allende au même niveau c’est oublier qu’un a accédé au pouvoir par un putsch militaire et l’autre par la voie des urnes, qu’un a fait arrêter, exécuter, disparaître des milliers d’opposant et l’autre a toujours respecté la légalité démocratique. En somme, une comparaison impossible et insultante pour les victimes de la dictature militaire qu’a connue le Chili.
Pour cela, ce genre de commémoration est salutaire. Car Salvador Allende est vivant. Oui, il s’est suicidé le jour du coup d’état. Mais il est vivant. Chaque fois que quelqu’un se souvient de ce triste 11 septembre 1973, Allende est vivant. Chaque fois que des travailleurs luttent pour leurs droits en Amérique Latine, Allende est vivant. Chaque fois que les acquis sociaux de ce continent progressent par la voie légale et démocratique, Allende est vivant.

Pour en savoir plus voyez aussi ce blog interessant :
http://sud-nord.blogspot.com/2008/06/salvador-allende-1908-2008.html
http://sud-nord.blogspot.com/2008/06/salvador-allende-1908-2008-2.html


*Salvador Allende est vivant