lundi 29 décembre 2008

L'autre Castro

On connait déja les liens casi filials entre Hguo Chavez et Fidel Castro. Cependant l'objet de ce post ne sera pas l'(ex-) président cubain mais un autre Castro qui sert de référence au leader de la Révolution Bolivarienne : Cipriano de son prénom. Actuellement une exposition au musée national de Bellas Artes lui rend hommage.
Rapidement, Cipriano Castro a été président du Venezuela entre 1899 et 1908. Profitant du desordre qui régnait dans le pays á cette époque il prend le pouvoir par le biais d'une insurection armée. Une fois arrivé au pouvoir, il met en place une politique de nationalisation des industries les plus importantes et de défense de la souveraineté nationale. Ces choix lui vaudront une forte opposition des secteurs conservateurs de son pays ainsi que de la part des puissances étrangéres (Europe. Etats-Unis). L'Allemagne et La Grande Bretagne iront jusqu'á imposer un blocus au Venezuela entre 1902 1903. Castro maintient sa politique nationaliste jusqu'en 1908 oú son vice-président juan Vicente Gomez profite d'un séjour en Europe pour prendre sa place et installer une dictature militaire qui se prolongera jusqu'en 1935.
Bien sur, á cette époque il serait exagéré de parler d'anti-impérialisme, et Cipriano Castro n'a jamais manifesté de positions socialistes ou progressistes. Cependant, sa politique d'affrontement des grandes puissances ainsi que ses origines modestes suffisent pour que Hugo Chavez en fasse un des précurseurs de la Révolution Bolivarienne et s'identifie á lui.




En 1902, face au blocus de la Grande Bretagne et de l'Allemagne, Cipriano Castro publie une lettre appelant les vénézuélinz a resister face aux puissances étrangéres. La premiére phrase est restée célébre : "Venezuela, la planta insolente del extranjero ha profanado el sagrado suelo de la patria" (1)



Durant son mandat, Castro a beaucoup été carricaturé dans les médias, comme sur ce dessin oú il apparait représenté en singe.

(1) Venezuela, le pied insolent de l'étranger a profané le sol sacré de la patrie

jeudi 4 décembre 2008

feuilleton à l'eau de rose rouge


"La novela (1) ça fait partie de l'identité latinoaméricaine.... Même pas Fidel a reussi à en finir avec ça"

anonyme, entendu dans une conversation



Dans ce cas là, il n'est pas si étonnant de voir apparaitre sur les écrans la première telenovela "chaviste". Depuis à peu près deux mois la chaine de télé TVES diffuse "Amores de Barrio Adentro", feuilleton qui raconte la romance entre Lucinda, jeune militante socialiste issue d'un milieu populaire, et Alfonso, journaliste issu de la classe moyenne.
L'histoire est tout ce qu'il y a de plus classique pour ce genre de programme : une bonne vieille histoire d'amour; avec en prime le thème éternel de l'amour impossible pour cause de provenance sociale incompatible. Mais ici, l'action se déroule 2002, année qui a vu une tentative de coup d'état contre Chavez échouer. Et le nom même de la série puise son inspiration dans le programme social le plus emblématique du gouvernement : Barrio Adentro (2).

Peu aprés la chaine Avila TV a lancé "Dame uno con todo", une autre novela qui se veut ancrée dans la réalité venezuelienne, l'histoire est basiquement la meme : une étudiante de l'université bolivarienne, issue d'un barrio, vit une historie d'amour avec un garcon riche de l'université catholique Andres Bello. En fond, viennent s'ajouter une touche d'humour et d'autres histoires secondaires comme celle de ce chef d'entreprise qui veut devenir maire de Caracas et éliminer tous les vendeurs de hot dog de la ville.

En somme, une manière de plus de récupérer la culture populaire pour la méler à la politique

(1) telenovelas : nom donnés aux feuilletons à l'eau de roses très populaires en amérique latine
(2) barrio adentro : programme social monté conjointement avec Cuba. Il consiste à envoyer des médecins faire des permanences dans les zones défavorisées. Les petites maisons octogonales à toit vert (cf photo) sont caractéristiques de cette mission.

lundi 24 novembre 2008

Caracas passe à droite

Ce dimanche avaient lieu les élections des gouverneurs et des maires dans tout le pays. Et au niveau de la capitale, ce fut une petite claque pour le Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) : Le parti du préseident Chavez perd la mairie de Caracas et ne conserve qu'un seul des cinq municipios (arrondissements) qui composent la capitale. La liste des maires élus à caracas est la suivante :
- mairie générale de Caracas : Antonio Ledezma (Union de l'Opposition)
- municipio Libertador : Jorge Rodriguez (PSUV)
- municipio Chacao : Emilio Grateron (Union de l'opposition)
- municipio Baruta : Gerardo Blyde (Union de l'Opposition)
- municipio Sucre : Carlos Ocariz (Union de l'Opposition)
- municipio El Hatillo : Miriam Do Nascimento (Union de l'Opposition)
Une redistribution du pouvoir dans la capitale qui vient surtout sanctionner la mauvaise gestion des maires précédents (chavistes) dans le cas de Sucre et de la mairie générale et qui découle surtout de la forte mobilisation de l'électorat de l'opposition (qui enfin ne boycotte plus les élections).
Cependant, les candidats de l'opposition ne disposent pas toujours d'une bonne image, y compris parmis les antichavistes. Leur gestion sera donc surement observée à la loupe. Ces nouveaux élus auront à travailler pour transformer ces votes contre Chavez en votes véritablement en leurs faveurs.

Au niveau national, l'importance du parti chaviste se confirme avec 17 postes de gouverneurs remportés, bien que l'opposition progresse en remportant 5 postes (contre 2 aux élections régionales précédentes). On retiendra aussi et surtout la participation record (plus de 65%) et la très bonne tenue du scrutin : tous les partis sans exception ont appelé à participer et tous les candidats ont respecté les résultats annoncé par le Conseil National Electoral, un pas dans la bonne direction sur le chemin d'une vie démocratique plus apaisée que ces dernières années (même si comme d'habitude il restera quelques grincheux ici ou là pour dénoncer la "dictature" qui sévit au Venezuela).

mercredi 19 novembre 2008

Concert de campagne

Une grosse affiche mais, comme d'habitude aucune information qui circule... ce n'est que le samedi dans l’après-midi que l’on n’apprenait que le soir même allaient jouer rien de moins que les vétérans du Reggae The Wailers, les métaleux mexicain de Molotov ou encore les punks basques de Ska-P pour un concert á La Carlota.
Du beau monde pour clôturer la campagne du PSUV, car on sait que pour la communication, le camp du président Chavez ne lésine pas sur les moyens et n’hésite pas á faire jouer son carnet d’adresse pour rassembler le plus de monde possible (surtout lorsqu’on est á une semaine d’élections municipales et régionales).



lundi 3 novembre 2008

réapprendre l'espagnol...

Dialogue 1. Leçon 1

français :
- bonjour, ça va ?
- oui, très bien, et toi ?
- ça va merci

espagnol (d'Espagne) :
- Hola, como estas ?
- muy bien. y tu ?
- bien, gracias

espagnol (du Venezuela) :
- Epa mamahuevo, como esta la vaina ?
- De pinga maricon y tu ?
- Fino !

lundi 11 août 2008

¡Viva Evo Carajo!


Donc, à la suite d'un référendum effectué après deux ans de mandat, Evo Morales garde son poste de président en obtenant 62% des voix en sa faveur... soit un score encore plus important que lors de son élection en 2006 (rappelons au passage que durant les 5 ans précédant cette élection la Bolivie avait connu 4 présidents!!). Donc une bonne claque pour la droite raciste sud-américaine qui le disait en perte de vitesse et l'accuse d'avoir destabilisé le pays...

Voyons d'ailleurs un article assez honteux publié par Le Monde à la veille du referendum :

En Bolivie, Evo Morales joue son va-tout dans un référendum sur son mandat
Evo Morales a rangé le pull rayé rouge et bleu avec lequel il avait enfreint le protocole du palais royal de Madrid. Depuis son élection à la présidence de la Bolivie en décembre 2005, le pouvoir l'a métamorphosé : il met des vestes en cuir discrètement décorées aux couleurs andines.
"Evo est un caudillo narcissique", estime un connaisseur, l'écrivain Juan Claudio Lechin. Pour lui, le pouvoir ne se partage pas, même avec son entourage. L'improvisation reste son mode de fonctionnement habituel. Mettre en jeu son mandat lors d'un "référendum révocatoire", le dimanche 10 août, alors que ce type de scrutin ne figure pas dans la Constitution en vigueur, voilà bien le coup de poker d'un calculateur.
L'homme est un séducteur, colérique à ses heures. "Vendu à la CIA", a-t-il lancé contre son ancien mentor Filemon Escobar, qui l'avait détourné de la guérilla et converti à "l'électoralisme" honni par l'extrême gauche. Ce vieux dirigeant du Syndicat des mineurs avait tout misé sur le jeune Evo, entraîneur de football des cocaleros, les cultivateurs de feuilles de coca de la région tropicale du Chapare.
L'ascension électorale du dirigeant cocalero a été fulgurante. Choisi pour présider les six "fédérations du tropique de Cochabamba" en 1996, il exerce cette fonction encore aujourd'hui. A la tête de l'Etat, il n'a cessé d'ailleurs de favoriser l'extension des plantations de coca. En 1997, il est élu député, sur les conseils de Filemon Escobar, pour mieux lutter contre l'éradication de la coca dans le Chapare, exigée par les Etats-Unis au nom de la lutte contre le trafic de drogue.
En 2002, il arrive en deuxième position à la présidentielle, avec 20 % des voix. Trois ans plus tard, il obtient la majorité absolue. L'élection d'Evo Morales est saluée dans le monde entier, bien au-delà de la gauche. Dans son pays, elle suscite l'espoir, y compris chez les Boliviens qui n'ont pas voté pour lui. Ainsi, à Santa Cruz, toujours rétive aux représentants de La Paz, il a remporté un tiers des suffrages. A La Paz, il n'a pas attiré seulement les secteurs modestes : pour la classe moyenne, lassée par l'instabilité chronique et des conflits incessants, il a aussi incarné l'aspiration au changement.
Cependant, au lieu d'apaiser les esprits et de rassembler, le nouveau chef de l'Etat va favoriser les corporatismes et provoquer de nouvelles divisions. Loin de combler la fracture sociale, il va élargir la fracture régionale et la fracture ethnique. Dans une volte-face surprenante, Evo Morales s'oppose à l'autonomie des régions, qui suscite une forte mobilisation de l'opinion dans les départements de l'est et du sud de la Bolivie, un pays où la décentralisation reste une idée neuve.
Alors qu'il s'était toujours réclamé du métissage, voilà qu'il conforte "l'ethnicisation" de la politique prônée par une minorité d'extrême gauche. Lui, qui ne parle pas la langue aymara de ses ancêtres et qui partage l'individualisme des colons du Chapare, annonce désormais le Pachakuti, l'émancipation des communautés andines, dans des termes qui choquent la majorité des Boliviens, dont 65 % se considèrent métis.
Pourtant, la nationalisation des hydrocarbures, le 1er mai 2006, avait porté sa popularité au sommet. Dans la foulée, lors de l'élection à l'Assemblée constituante, le 2 juillet 2006, ses candidats peinent toutefois à retrouver le score présidentiel. Siégeant à Sucre, durant un an et demi, l'Assemblée montre l'incompétence et l'arrogance des partisans d'Evo Morales, qui ne cessent de perdre des pans entiers de leur électorat.
A Oruro, berceau natal du chef de l'Etat, une bataille rangée entre mineurs fait 16 morts, en octobre 2006. Le président bolivien, qui n'a pas jugé utile de se rendre aux funérailles, dénonce une "terrible conspiration" orchestrée par l'ambassade des Etats-Unis. Crier au complot ou au coup d'Etat, comme il vient de le faire à la veille du référendum, est sa réponse habituelle devant les difficultés.
Dans son fief de Cochabamba, la polarisation politique qu'il a stimulée prend des allures de guerre des pauvres entre eux, lors des affrontements entre les colons du Chapare et des citadins en janvier 2007, qui ont fait deux morts. A Sucre, les élus de la majorité présidentielle ne refusent pas uniquement le dialogue avec l'opposition, mais aussi avec la population locale, qui leur était pourtant largement acquise, au prix de trois morts en décembre 2007.
Filemon Escobar reproche à son ancien disciple d'avoir oublié "l'apprentissage du respect réciproque entre les Indiens et les blancs". Aujourd'hui, Evo Morales est contesté par la droite, débordé par l'extrême gauche et lâché par une bonne partie de ses propres électeurs. A la suite de la renégociation des contrats avec les compagnies pétrolières, il n'a pas su relancer l'investissement social et promouvoir une redistribution du revenu national.
Deux modestes allocations, une pour le troisième âge et l'autre pour les enfants, des augmentations de salaires jugées insuffisantes par les intéressés, ne compensent pas la montée des revendications sectorielles.
Alors que les intérêts de la Bolivie sont liés à ses voisins, Argentine, Brésil et Chili, Evo Morales a préféré s'aligner sur le Venezuela, dont le président, Hugo Chavez, a arrosé les municipalités boliviennes avec ses pétrodollars.
Paulo A. Paranagua

Donc, deja on apprend que Morales est "métamorphosé par le pouvoir" parce qu'il met une veste en cuir. Traduction : comme il est indien il a l'obligation de s'habiller mal, un bon ptit cliché raciste dès le premier paragraphe pour donner le ton.
Ensuite on nous parle de Filemon Escobar qui aurait détourné Evo Morales de la guerilla pour l'amener en politique. Cela dit, Morales n'a jamais fait partie d'aucune guerilla et a toujours milité dans un syndicat.
Puis, on décrit un président affaiblis en perte de vitesse (chose démentie par le score important obtenu lors du vote de dimanche dernier), avant de terminer sur le "pétrodollars" de Chavez, puisqu'il faut bien en mettre une couche sur tonton hugo tant qu'on est là...

lundi 4 août 2008

Puerto Colombia

Destination privilégiée du carqueño pour ses week ends libres : Choroni, ou plus exactement Puerto Colombia, petit village côtier situé à environ 4 heures de transport de la capitale.

Donc après avoir passé plusieurs heures dans un bus, après avoir survécu au voyage dans la montagne où le chauffeur n'utilise ses freins qu'en cas d'extrème urgence (il préfère le klaxon pour prévenir de son arrivée), on arrive à ce petit havre de tourisme et tranquilité.



Intérêt numéro un du lieu : sa plage paradisiaque


Mais le village aussi est joli et bien entretenu, notamment la partie du quais, où l'on peut passer un petit moment à l'ombre pour siroter sa bière ou son cuba libre


Le soir, le même quais se remplit de vendeurs et de touristes dans une ambience festive...

... et tout ce beau monde se retrouve d'ailleurs au bar pour terminer la nuit.

samedi 12 juillet 2008

Zapata : Tierra y Libertad

On a déjà évoqué la volonté de se réapproprier l'histoire latinoaméricaine présente dans la révolution bolivarienne, et nottament à travers l'évocation des grandes figures révolutionnaires du continent.
Dans la droite ligne de cette logique, le musée de Bellas Artes à Caracas propose en ce moment une exposition dédiée à Emiliano Zapata. Elle est constituée surtout de portraits, dessins, caricatures... contemporains, et parfois postérieurs, au révolutionnaire mexicain.








vendredi 27 juin 2008

Salvador Allende vive*

En ce moment on commémore le centième anniversaire de la naissance de Salvador Allende ; l’occasion d’évoquer « l’autre 11 septembre », celui de 1973, lorsque le général Pinochet prenait le pouvoir au Chili grâce à un coup d’état, et aussi de réfléchir un peu sur l’ignorance qu’ont parfois les latino-américains de leur propre histoire.
Ici dans mon entourage peu de gens savent qui était Salvador Allende, ou en ont une vague idée. D’autres le connaissent mais ne veulent surtout pas en entendre parler parce que ça sent le socialisme, le « chavisme », le « castro-communisme » comme disent certaines chaînes de télévision.
Un jours, un chilien m’a dit « moi je ne suis pas extrémiste, je n’aime ni Allende, ni Pinochet », les renvoyant dos à dos. C’est assez caractéristique de la confusion entretenue par le système libéral et de la perte de mémoire qui en résulte. Car on a tout à fait le droit de penser qu’Allende était un mauvais président ou d’être en désaccord avec l’idéologie qu’il représente. Mais mettre Pinochet et Allende au même niveau c’est oublier qu’un a accédé au pouvoir par un putsch militaire et l’autre par la voie des urnes, qu’un a fait arrêter, exécuter, disparaître des milliers d’opposant et l’autre a toujours respecté la légalité démocratique. En somme, une comparaison impossible et insultante pour les victimes de la dictature militaire qu’a connue le Chili.
Pour cela, ce genre de commémoration est salutaire. Car Salvador Allende est vivant. Oui, il s’est suicidé le jour du coup d’état. Mais il est vivant. Chaque fois que quelqu’un se souvient de ce triste 11 septembre 1973, Allende est vivant. Chaque fois que des travailleurs luttent pour leurs droits en Amérique Latine, Allende est vivant. Chaque fois que les acquis sociaux de ce continent progressent par la voie légale et démocratique, Allende est vivant.

Pour en savoir plus voyez aussi ce blog interessant :
http://sud-nord.blogspot.com/2008/06/salvador-allende-1908-2008.html
http://sud-nord.blogspot.com/2008/06/salvador-allende-1908-2008-2.html


*Salvador Allende est vivant

mercredi 25 juin 2008

Socialisme, histoire et… hip-hop

La révolution bolivarienne c’est le grand melting-pot idéologique et historique, un mélange de patriotisme et de marxisme, avec un soucis constant de se réapproprier l’histoire de l’Amérique Latine. Les personnages de l’histoire vénézuélienne dialoguent avec les grandes figures du socialisme et Hugo Chavez dans un même discours n’hésitent pas à invoquer Simon Bolivar et Leon Trotsky, le chef indien guaicaipuro et Che Guevara. Le tout actualisé à la mode des années 2000, d’où le terme assez flou de socialisme du XXIe siècle.
Tout cela est bien résumé dans cette fresque vue place Bolivar où un rappeur partage l’affiche avec un indigène, le Che et Simon Bolivar. Et l’auteur d’ajouter les mots qu’il considère sûrement comme les trois mamelles de la révolution : socialisme, histoire et Hip-Hop.


vendredi 13 juin 2008

Chavezmania

On a beau fêter la dixième année de la révolution bolivarienne, le Venezuela reste encore un pays profondemment caitaliste, et dans un contexte où la débrouille est souvent une affaire de survie, tout est bon pour faire du bizzness y compris (et surtout) le président de la république: Au menu, t-shirts, casquettes, badges... mais aussi poupées et figurines.

Vu en marge d'un discours d'Hugo Chavez, un étallage proposant des t-shirts à l'effigie de Chavez et du Che. Vous pouvez aussi trouver d'autre figures révolutionnaires comme Marx, Castro, Ho Chi Min, Allende....

Des poupées culbutos (celles qui se relevent instantanément losqu'on les couche) représentant le président et baptisée "El Intumbable" (l'impossible à renverser) en référence aux diverses tentatives échouées pour le faire sortir du pouvoir.

dimanche 25 mai 2008

En plein milieu de la rue

Samedi soir avait lieu une initiative très intéressante de la mairie de Chacao et la revue étudiante Platano Verde : le festival "Por el medio de la calle", ou soit un ensemble de concerts, performances, spectacles, projections.... dans les rues du quartier Chacao de Caracas, avec la présence d'artistites vénézuéliens, mais aussi français, espagnols et allemands. Une bonne manère de découvrir et s'approprier l'espace urbain dans une ambience proche de celle qu'on connait lors de la fête de la musique par chez nous.



lundi 19 mai 2008

petite visite au centre historique de Caracas


Le centre historique de Caracas abrite encore quelques bâtiments coloniaux et quelque jolies places. Même si l'entretient laisse parfois à désirer, le quartier, assez vivant, possède son petit charme.

La traditionnelle place Bolivar, avec bien sur la statue du "libertador"


La cathédrale de Caracas, juste sur la place Bolivar. Au temps de l'empire espagnol, les villes américaines étaient toutes construites sur le même modèle avec l'église et la mairie sur la place principale. Caracas n'échappe pas à cette règle.


Pas très loin, le parlement, dans un palais construit par le président Guzman Blanco entre 1872 et 1877.



quelques rue plus loin, la plaza de lo venezolano et sa poignée de bâtiments coloniaux coincés entre les grands immeubles.



Et terminons avec une place rebaptisée Place de la Révolution par des habitants du quartier, repère à la fois des retraités adeptes des dominos et des jeunes skatteurs.

samedi 10 mai 2008

Déjà en campagne pour les élections locales

Réveillé un dimanche matin par les hauts parleurs d'un camion ambulant : "l'heure du changement est venu pour le Municipio Sucre" (1). Qui peut bien réveiller le voisinage comme ça un dimanche matin ?? Juste l'équipe de campagne d'un des nombreux "pré-candidatas" aux élections locales qui se dérouleront à la fin de l'année 2008 (c'est pour ça qu'on les appelle "pré-candidats"; parce que la campagne officielle est loin d'avoir commencé mais certains se lancent déjà dans la bataille).
Il s'agira de voter pour les maires et les gouverneurs de régions du pays; mais comme d'habitude ici ces élections locales prennent une importance nationale et vont se transformer en un référendum pour ou contre Chavez. Alors les deux camps viennent avec un discours d'union et se disent bien décidés à ressérer les rangs
,
fresque de campagne du candidat du parti d'opposition Un Nuevo Tiempo dans le Municipio Sucre

Alors d'un coté nous avons le PSUV (Parti Socialiste Unifié du Venezuela), nouvellement créé sous l'impulsion de Hugo Chavez. Jusqu'à présent le président avait interdit à quiconque de se lancer dans la course tant que le parti n'avait pas désigné ces candidats. Les rares qui ont voulu enfreindre cette règle se sont pris une procédure disciplinaire dans les dents ou ont carrément été exclus du parti.
Le mode d'élection des candidats vient d'être rendu public : Les "aspirants candidats" se déclareront auprès des directions locales du parti, qui réviseront leurs profils (pour éviter par exemple d'avoir des candidat avec une procédure judiciaire en cours, surtout s'il s'agit de cas de corruption). Ensuite, Ces aspirants réaliseront une campagne interne (mais les campagnes personelles dans les médias sont interdites), et un vote sera effectué par les militants dans chanque circonscription.
Les choses se compliquent un peu pour la désignation officielle des candidats : seront désignés officiellement candidats ceux qui auront obtenu plus de 50%des voix ou qui arrivent en tête avec au moins 15% d'avance sur le deuxième. Si aucun de ces deux critères n'est atteint, alors la direction nationale du parti exeminera les candidatures des trois premiers pour choisir l'heureux élu (donc il y a risque de voir des candidats désignés par les cadres dans pas mal de cas).
Chavez avait aussi annoncé que le PSUV ferait des alliances avec le parti PTT et le Parti Communiste dans le cadre du "Pole Patriotique", mais pour l'instant aucune modalité d'accord n'a été dévoillée.
Et à cela s'ajoute aussi un autre problème : certains exclus du PSUV ont créé un nouveau parti "Nuevo Camino Revolucinario", qui se veut un appuis critique au président Chavez (on voit là encore LA maladie génétique de la gauche : à peine créé le PSUV a déjà une siscion !!) et qui va présenter ces propres candidats...

De l'autre coté donc l'opposition, ici pour le moment tout le monde parle d'unité sans vraiment la réaliser. Tout les partis ont lancé leurs candidats, et certaines personnalités se sont même déclarés à titre personnel. Ces formations ont signé entre elles un accord mais les moyens de le réaliser restent flous. Pour le moment les dirigeants se son contentés de dire qu'ils regarderaient les sondages et que les candidats se désisteraient pour celui qui est en tête dans chaque circonscription.
La nouveauté pour ce scrutin est de voir le parti PODEMOS, anciennement chaviste, comme signataire de l'accord de l'opposition. Il est aussi interessant de noter qu'à Caracas, la majorité de ces pré-candidatures se sont déclarées dans le municipio Chacao, bastion de l'opposition où la victoire est (presque) assurée d'avance.

(1) Le Venezuela est divisés en municipios, chacun avec un maire à sa tête. Caracas en comprend cinq : Libertador, Sucre, Chacao, Barutas et El Hatillo.

mardi 29 avril 2008

Parlons un peu de la Bolivie

Une petite pàrenthèse dans ce blog pour parler de la Bolivie, et l'occasion de diffuser un intéressant documentaire/coup de gueule sur ce pays (malheureusement seuelement en espagnol, désolé pour les non-hispanophones). Petit rappel pour ceux qui ont raté les précédents épisodes : en 2006 arrive à la présidence un syndicaliste d'origine indigène : Evo Morales; élu dès le premier tour avec 54% des voix (la 1e fois dans l'histoire du pays) et toujours en poste après deux ans (déjà presque un record en soi dans un état où se sont succédés quatre présidents entre 2001 et 2005).

La politique tournée vers le socialisme du nouveau président rencontre la résistance de l'oppositon de droite et de certains secteurs de la société bolivienne (notamment dans le clergé le patronat et l'industrie des resources naturelles), surtout après la nationalisation du gaz et la décision prise de rédiger une nouvelle constitution. Il est donc assez peu étonnant de voir les autorités (d'opposition) du département de Santa Cruz (où se trouvent la majorité des ressources naturelles du pays) réclamer tout à coup leur autonomie.

Le documentaire suivant, "Guerreros del Arcoiris" montre comment les autorités de Santa Cruz veulent imposer au gouvernement un statut d'autonomie considéré illégal par l'OEA (Organisation des Etats Américains) et l'ONU et par la même occasion essayer de faire tomber le président. Et vous pourrez profiter de quelques perles de dirigeants et militants de l'opposition de droite comme :
"la nouvelle constitution (celle voulue par Evo Morales) n'a aucune valeur elle a été écrite par des paysans et des indigènes. Ils n'ont aucune conscience des choses."
"Santa Cruz sera la tombe d'Evo Morales tant physique que dans les urnes"
"On va s'organiser comme au Venezuela où ils vont bientôt faire tomber ce macaque de Chavez, et on fera tomber aussi ce pantin de Morales"
"le statut d'autonomie ? J'avoue que je l'ai pas lu mais je suis content parce que je sais qu'on va l'avoir bientôt"

Le film dure a peu près une heure. Le voici divisé en 5 parties
1e partie : http://www.youtube.com/watch?v=0BvhzpOkmeI&feature=related
2e partie : http://www.youtube.com/watch?v=OG879XjQdvY&feature=related
3e partie : http://www.youtube.com/watch?v=WliXZExcnRQ&feature=related
4e partie : http://www.youtube.com/watch?v=rfpWCLuwRfk&feature=related
5e partie : http://www.youtube.com/watch?v=eS9gtIb27rI&feature=related

mardi 22 avril 2008

Emir chez Hugo

Pour finir cette "semaine de Caracas", en ce samedi 19 avril, rien de moins que le double lauréat de la palme d'or, Emir Kusturica et son No Smocking Orchestra; où soit la grande gueule du cinéma européen en visite chez la grande gueule de la politique sud américaine... Pas si étonnant que ça d'ailleurs, Emir et Hugo partagent un certain gout pour l'anti-impérialisme (voir anti-américanisme) et même une amitié avec Diego Maradona. Tandis que le réalisateur serbe y va de ses déclarations contre l'indépendance du Kosovo, Le président vénézuélien lui n'hésite pas à comparer la volonté d'autonomie de certaines régions bolivienne au démantellement de l'ex-yougoslavie.

Ainsi, une banderolle accrochée près de la scène avertissait : "la Bolivie ne sera pas la nouvelle Yougoslavie". Mais peu importe, ce soir là le public n'était pas venu pour discerter de politique internationale. Et il est repartir content, car Emir et ses potes ont déversé leur mélange de rock, musique des balkans et performances théatrales avec l'energie et le grain de folie qui leur est propre.

Et en bonus deux beaux spécimens de la production rock locales : Circo Vulkano, bon groupe de ska rock festif, et El Pacto, coupable d'un rock agressif tinté "rojo rojito". En somme une soirée parfaite pour conclure la "semaine de Caracas", une série de concerts, conférences et expositions organisées entre deux dates symboliques : le 13 avril (date du retour au pouvoir d'Hugo Chavez en 2002) et le 19 Avril (date de la déclaration d'indépendance du pays en 1810).

mardi 15 avril 2008

Cada 11 tiene su 13*

Ce week-end, les chavistes ont commémoré le coup d'état du 11 avril 2002 qui avait écarté le président Chavez du pouvoir pendant deux jours. Ce dernier était revenu aux affaires le 13 avril, sous la pression d'une mobilisation populaire qui avait fait échouer la tentative de renversement.


La foule s'était donné rendez-vous devant le palais présidentiel de miraflores dès le matin.




Et les abords de l'assemblée nationale était devenu un terrain de jeu avec échecs, volley, foot-ball...




Et comme d'habitude tout se finit par une allocution du "commandante" (ce soir là Hugo avait bien fait ses trois heures de discours !!)


Le soir, après le rassemblement, les habitants de Caracas étaient invités à assister à un concert gratuit du groupe de hip hop Calle 13 (groupe de Porto Rico très connu en Amérique Latine). Cet évènement marquait aussi le début de la "semaine de Caracas", une suite de concerts, expositions et conférences donnés dans divers lieux de la ville du 13 au 19 avril (on y reviendra).



Le coup d'état du 11/04/02 :

Le 11 avril 2002 était la date prévue par l'opposition pour organiser une grande manifestation contre la politique d'Hugo Chavez, et de manière irrésponsable les leaders ont appelés à marcher vers la palais présidentiel où étaient rassemblé des supporters du président. Le matin même, le journal El National avait titré "la bataille finale aura lieu à Miraflores", déja un appel á la destabilisation en sois.

La police de Caracas, chargée de séparer les deux rassemblements rompts le cordon de sécurité, permettant aux deux groupes de s'affronter. Puis elle se met carrément à tirer en direction des manifestants chavistes, provoquant une fusillade. Sur les chaines de télé privées, acquises à l'opposition, on diffuse des images de chavistes tirant avec des armes à feu, en affirmant qu'ils agressent les manifestants d'opposition. On apprendra par la suite qu'il cherchaient surtout à se protéger de la police qui les canardaient pour les obliger à se disperser.

Dans le même temps, un groupe de militaires se prononcent contre le gouvernement. Selon eux, les morts de la fusillades sont dues à une répression de sa part. Lá encore, on saura plus tard qu'il y a un hic : cette allocution avait été enregistrée avant même que les affrontements aient lieu dans la rue. Encore une preuve que tout était prévu d'avance. L'armée décide alors de capturer le président Hugo Chavez et de faire croire à sa démission.

Le 12 avril, le Venezuela se réveille avec un "gouvernement de transition". Pedro Carmona, président de Fedecamaras (le medef local) s'est auto-proclamé président avec pour objectif de gommer au plus vite possible toutes les réalisations du gouvernement. En un décret, il dissout l'assemblée, annule les lois votées durant les trois années précédentes ainsi que la constitution en vigueur (celle de 1999).

Pendant ce temps, les affrontements police/chavistes se poursuivent dans la rue. Les grands médias décident de faire silence total sur les évènements et soutiennent le nouveau gouvernement, tandis que le signal de la seule chaine publique de l'époque a été coupé. Les médias communautaires prennent alors le relais et assurent la couverture de l'information. Le bruit commence à courrir que Chavez n'a pas démissioné et est retenu par l'armée. La population est appelée à descendre dans la rue pour défendre la légitimité démocratique. Le mot d'ordre est largement suivis...

La foule se presse aux abords du palais de Miraflores pour réclamer le retour du président. C'est à ce moment qu'une fraction de l'armée restée fidèle au gouvernement décide d'agir. Les soldats destituent les nouvelles autorités et organisent le retour d'Hugo Chavez. Le 13 avril, le Venezuela retrouve son président.

Tout n'est pas encore connu avec exactitude mais il s'agit d'un cas unique de renversement avorté par une mobilisation populaire massive. Au final, l'opposition aura surtout atteint l'objectif inverse á celui recherché á la base : au lendemain du coup d'état, sa crédibilité est complètement ruinée (ils avaient reussi la prouesse de faire en seulement deux jours tout ce qu'il ne faut pas faire : arrestations arbitraires, censures des médias, répression de manifestants, autoproclamation d'un gouvernement...). Et le président Chavez, toujours fort pour la récupération médiatique, tire de ces événements un second souffle. Il va par la suite accélerer les réformes et marginaliser un peu plus ces adversaires. Aujourd'huis encore, il n'hésite pas á qualifier de "pushistes" ceux qui critiquent sa politique.

Des zones d'ombres plannent encore sur ce coup d'état éclair (le gouvernement de Carmona n'a même pas duré deux jours). Et les responsables de ce massacre sont pour la plupart en liberté, soit en fuite pour les principaux instigateurs (comme par exemple le président d'un jours Pedro Carmona) ou tout simplement au Venezuela et parfois même encore en poste comme maire, chef d'entreprise ou patron de presse...

*"á chaque 11 son 13" : devenu un slogan chaviste pour rapeller que le peuple a permis le retour de Chavez le 13/04 aprés le coup d'état du 11/04, une manière de prouver que même dans l'adversité la révolution bolivarienne triomphe.

vendredi 8 février 2008

Caripe

Caripe, charmant village de l'état Monagas, dans l'est du pays.






La grotte du Guacharo (un oiseau qui vit dans les grottes), un lieu touristique près de Caripe.


La Paila, une cascade près de la grotte où on peut venir se baigner, mais dans une eau qui ne dépasse pas les 14° (brrrr)

Février est le mois du carnaval au Venezuela. Les plus importants sont dans l'est du pays (Cumana, Carupano...) et Caripe possède aussi le sien, même s'il est de taille plutôt modeste.

vendredi 1 février 2008

carnaval : début des festivités


des tambours, des déguisements... le petit groupe de parents et d'enfants qui passe sous ma fenêtre en ce vendredi après-midi me rappelle que la période de carnaval commence ce week-end... et que je prends le bus ce soir pour aller le fêter dans l'est du pays.

Le café aussi fait de la politique...

Vu au centre de Caracas, ce vendeur propose aux passants un café "rojo rojito". La pancarte devant lui dit "café bolivarien, révolutionnaire et socialiste. La patrie, le socialisme ou la mort"

samedi 26 janvier 2008

Les murs font de la politique (2)

Suite de la série sur les "graffitis politiques", avec quelques restes de la campagne pour le référendum:



"Mosnanda pour le oui". Mosnanda est un hameau des Andes accessible seulement par une route en terre. Une manière de vouloir dire que la révolution bolivarienne arrive même dans les coins les plus reculés du pays.



"Votez Non". L'opposition avait peint ces ronds de couleurs un peu partout dans Caracas.